
Histoire du château d'Armaillé
Les origines : un fief et une maison seigneuriale
« Tout commença en 1565, lorsque René Cormier, comte de Fontenelle, posa son regard sur une modeste maison seigneuriale, entourée d’une métairie prospère. » Ce domaine, niché sur les terres de La Roche d’Iré, n’était alors qu’un modeste refuge, mais déjà, le destin y tissait ses fils invisibles.
Les années passèrent, et le domaine changea de mains comme un trésor convoité : Claude Cormier en 1637, puis Françoise Cormier en 1672. « Les murs, silencieux, voyaient défiler les générations, gardant en leur sein les rires, les larmes et les serments oubliés. »
En 1784, à la mort de Marie-Louise de Goureau de la Blanchardière, le domaine échoit à sa petite-fille, Étienne Catherine Françoise Goureau, avant de passer entre les mains de son descendant, le marquis d’Armaillé. « Ainsi, le domaine devint le théâtre des grands destins, où la noblesse écrivait son histoire à l’encre et à l’épée. »
La renaissance : un château né de l’amour et de l’audace
« Après la tourmente révolutionnaire, où tant de nobles tombèrent sous la lame de la guillotine, un homme se dressa pour redonner vie au domaine : Ambroise Louis Henri de La Forest d’Armaillé. »
En 1866, il épousa Gabrielle de Buisseret-Steebecque de Blarenghien, une union qui scella le destin du domaine. « Grâce à la dot de cette noble dame, un rêve prit forme : un château flambant neuf, digne des plus grands rois. »
Entre 1871 et 1874, l’architecte Auguste Bibard érigea ce chef-d’œuvre de style néo-Louis XIII, orné des armoiries des d’Armaillé et de la Blanchardière, comme un hommage éternel à ces familles qui avaient marqué l’histoire du lieu. « Et en 1880, une chapelle vint s’ajouter, telle une prière de pierre au milieu des bois. »
Un trésor et une tragédie : le secret de la bonne
« Mais le château d’Armaillé cache plus que des murs et des jardins… Il garde en son sein un mystère, une ombre tragique qui hante encore ses couloirs. »
En pleine terreur révolutionnaire, une bonne, fidèle gardienne des trésors de ses maîtres, fut arrêtée. « On lui arracha tout : son honneur, sa liberté, et surtout, la petite d’Armaillé, trois ans à peine, qu’on enferma dans les geôles d’Angers. » L’enfant mourut de faim et de chagrin, et la bonne, avant de monter à l’échafaud, ne murmura qu’une phrase énigmatique : « Lorsque mes maîtres reviendront, vous leur direz que le trésor est caché dans un endroit sur lequel on passe tous les jours. »
« Depuis, on cherche, on fouille, on rêve… Mais le trésor du château d’Armaillé reste introuvable, comme si les murs eux-mêmes refusaient de le livrer. »
Un refuge en temps de guerre : l’espoir au cœur de l’ombre
« Puis vint la Seconde Guerre mondiale, et avec elle, une nouvelle page d’héroïsme silencieux. »
Le château, racheté par la Compagnie des Wagons-Lits, devint un hôtel-restaurant, puis un havre pour les enfants parisiens, dont de nombreux petits Juifs traqués par la barbarie nazie. « Alors que la Kommandantur occupait le château voisin de Falloux, le château d'Armaillé, lui, offrit asile et paix à ces âmes innocentes. Jamais dénoncés, jamais trahis. »
« Il y a quelques mois, une rescapée est revenue. Ses yeux, brillants de larmes, se sont posés sur les murs qui l’avaient protégée, enfant. Elle est repartie en emportant avec elle un peu de la magie de ce lieu, où l’humanité, même dans les heures les plus sombres, avait su triompher. »
Aujourd’hui, le Château d’Armaillé veille toujours, fier et mystérieux, comme un gardien des rêves passés et des espoirs à venir. Qui sait quels autres secrets ses murs recèlent encore ?